La violence conjugale persiste et tue
Publication : 9 juin, 2013 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Société | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

La violence exercée par le partenaire intime existe dans tous les pays et dans tous les groupes sociaux, économiques, religieux et culturels. Il arrive que les femmes soient violentes dans leurs relations avec les hommes, et les relations homosexuelles ne sont pas exemptes de violence, mais dans l’immense majorité des cas ce sont des femmes qui sont victimes de violence de la part de leur partenaire masculin. Le fait que les femmes aient souvent des liens affectifs avec leurs agresseurs, dont elles dépendent aussi économiquement, a des répercussions importantes sur la dynamique de cette violence.

Problème de santé publique

La violence entre partenaires, que l’on a d’abord traitée largement comme un problème de droits de l’homme, est aujourd’hui considérée comme un important problème de sante public. Selon les experts de l’organisation mondiale de la santé, la violence conjugale désigne tout comportement au sein d’une relation intime qui cause un préjudice ou des souffrances physiques, psychologiques ou sexuelles aux personnes qui sont parties à cette relation. Il s’agit, entre autres, des comportements suivants:

.Actes d’agression physique, comme des gifles, des coups de poing, des coups de pied et de volées de coups

.Violence psychologique, comme le recours a l’intimidation, à l’humiliation et au rabaissement constant.

.Rapports sexuels forcés et autres formes de coercition sexuelle.

.Divers comportements autoritaires ou tyranniques, comme d’isoler une personne de sa famille et de ses amis, de surveiller ses faits et gestes, et de limiter son accès à toute aide ou information.

Ampleur du problème

Selon une enquête menée à travers le monde entier par l’OMS, 15% à 75% des femmes déclarent avoir été agressées physiquement par un partenaire intime de sexe masculin à un moment de leur vie.  Selon cette même organisation Il s’agit de la première cause de mortalité chez les femmes âgées de 19 à 44 ans dans le monde, devant la guerre, le cancer et les accidents de la route.

En France, une récente étude du ministre de l’Intérieur confirme que la violence tue toujours dans les couples. En effet, il ressort de ce rapport paru le 08 juin 2013, que 174 personnes, en grande majorité des femmes vivant sur le territoire Français, sont décédées en 2012, victimes de leur conjoint ou ex-conjoint, soit 28 de plus que l’année précédente. « Tous les deux jours, un homicide est commis au sein du couple », souligne cette étude. En moyenne, une femme décède tous les 2,5 jours et un homme tous les 14 jours. Sur les 26 femmes auteurs d’homicide, 17 (soit 65 %) étaient victimes de violences de la part de leur partenaire.

Profil

L’auteur masculin est le plus souvent marié, adulte (entre 25 et 60 ans), mais immatures, égocentrés ou présentant de graves troubles de la personnalité et n’exerce pas ou plus d’activité professionnelle. Il commet son acte à domicile, sans préméditation, sous l’effet de la drogue ou l’alcool, avec une arme à feu. Sa principale motivation demeure la non-acceptation de la séparation, suivie de près par la dispute. Pour certains, la violence est la réponse « normale » à ce qu’ils considèrent comme un « refus d’obéissance », ils ont vu leur père frapper leur mère, ont une tolérance minimale à la frustration, ne savent régler autrement les conflits et trouvent donc naturel de frapper leur compagne.

L’auteur féminin est également le plus souvent mariée et sans emploi. Elle commet aussi son acte à domicile et sans préméditation, mais avec une arme blanche. Les principales causes du passage à l’acte sont les disputes et la volonté de mettre fin aux violences subies.

Notis©2013


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