“Les médicaments” de Jacques Delors pour l’Europe
Publication : 1 avril, 2013 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Economie | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Crise économique, croissance nulle ou négative, taux de chômage qui ne cesse d’augmenter, budgets plombés, déficits affolants…. Des mesures doivent être prises et c’est au niveau national comme européen. Tous embarqués dans un même bateau qui coule…depuis plus de cinq ans. Pour Jacques Delors, ancien président du Conseil qui a notamment mené les Européens jusqu’au traité de Maastricht et à la monnaie unique, il y a urgence à agir. « Si la croissance ne se décrète pas, elle peut être durablement affaiblie lorsqu’on bafoue quelques principes élémentaires, qui forment autant de pactes à respecter ». Ces pactes, au nombre de trois, se présentent comme suit :

1. Stabilité et « confiance » financière

Il faut « consolider le pacte de confiance financier ». Selon lui, l’Europe a un grand besoin de consolider et restructurer son système bancaire. Prenant exemple sur la crise chypriote, elle-même de nature bancaire, et la manière dont elle a été gérée, il insiste sur la nécessité de garder la confiance entre les banques et ses clients. Or, celle-ci a été mise à mal par la proposition de taxer les épargnants.

« Les autorités européennes ont commis une erreur d’appréciation en approuvant le principe d’une taxation de l’ensemble des dépôts placés dans les banques chypriotes, et pas seulement des plus importants d’entre eux. Elles ont su corriger cette erreur, qui a malheureusement affecté le pacte de confiance conclu entre les banques et leurs clients, au point de nourrir la crainte de l’extension d’un tel procédé à d’autres pays que Chypre. Le fait de mettre à contribution les déposants les plus riches dans des cas extrêmes (comme à Chypre) ne saurait par ailleurs constituer un précédent, comme l’a rappelé la BCE. Il est en tout cas crucial que de telles décisions soient expliquées et assumées de manière claire et que leur caractère exceptionnel soit souligné à chaque fois : c’est aussi sur ce point que les autorités européennes et nationales ont été prises en défaut dans le cas chypriote ». Delors prône la mise en place d’une véritable union bancaire européenne. Au mécanisme de supervision des banques sous l’égide de la BCE qui est actuellement en train de se mettre en place, il explique qu’il est nécessaire de créer un mécanisme européen de garantie des dépôts et de résolution des crises bancaires.

2. Rigueur budgétaire « réaliste »

Pour ce faire, il faut selon lui appliquer le Pacte de stabilité de manière plus réaliste. La notion de déficit structurel, comme appliquée pour le budget belge, a ses faveurs. « Elles ont ainsi utilement ouvert la voie à l’octroi d’un délai plus réaliste pour le retour en dessous du seuil de 3 % de déficit pour des pays comme le Portugal ou la France, en tenant compte des efforts déjà engagés. Ces reports dans le temps ont avant tout des vertus conjoncturelles, puisqu’ils permettent de ne pas asphyxier la demande, et donc la croissance ». Cela doit aussi conduire les autorités européennes « à s’engager dans la création d’un Fonds d’amortissement des dettes (…) Aider les pays européens à se délester ensemble de leur « vieille dette » contribuerait sans nul doute à conforter leurs perspectives de croissance, tout en redonnant espoir à leurs citoyens ».

3. Pacte pour la jeunesse

« La crise actuelle fait de nombreuses victimes, en particulier chez les jeunes : ils pourraient à terme former une « génération perdue », aussi bien pour l’UE que pour ses pays, alors même que la place qui leur est accordée est cruciale dans l’Europe vieillissante. Si mettre en œuvre un « pacte européen pour la jeunesse » n’est pas une idée inédite, c’est donc plus que jamais une urgence ». Il pointe trois initiatives : l’initiative pour l’emploi des jeunes, la mise en place d’une « garantie européenne pour la jeunesse », permettant à l’UE d’aider ses États membres à offrir une formation ou un emploi à tous leurs jeunes ; enfin les programmes de mobilité de type « Erasmus », qui aident efficacement les jeunes Européens à se doter de compétences linguistiques et transversales, et dont il faut encore accroître le financement.

Notis©2013

Sources : le Huffington Post


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