Au travail, éviter d’étaler votre vie privée
Publication : 15 mars, 2013 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : R.H. | Commentaire(s) (Un commentaire)

Les festivités entre collègues, qui se tiennent de plus en plus hors du service, favorisent la promiscuité qui encourage l’épanchement. En effet, toute communauté a besoin d’affectivité et d’échanges pour s’épanouir. Mais s’il est indispensable de parler de soi pour s’intégrer, il convient aussi de le faire avec prudence. Car, l’enjeu est de « se vendre » sans parler de soi. Mission pas si impossible que cela : le tout est de savoir précisément ce que l’on peut divulguer…et à qui.

Confiez-vous à un petit cercle de collègues choisis

Révéler une partie de son existence et de des goûts à ses collègues permet de tisser avec eux un lien de complicité, en fonction de ses affinités, et de développer son réseau. Mieux vaut prendre les devants pour satisfaire leur curiosité : on évite ainsi que celle-ci devienne malsaine et alimente les rumeurs. Pour trouver la bonne mesure, commencez par écouter les autres avant de vous livrer. Respecter cette phase d’assimilation de la culture de l’entreprise vous évitera de commettre une bourde fatale ! Il faut se cantonner à la sphère personnelle, sans s’aventurer dans la zone privée. La sphère personnelle englobe les discussions sur des événements anodins de la vie quotidienne (appréciation d’un film, commentaire d’un match de football…) et des éléments de ressenti très généraux (« je préfère la ville à la campagne », « la famille, c’est sacré le weekend»…). La vie privée, c’est le jardin secret qu’on partage seulement avec ses amis : histoire sentimentale, événements familiaux…

Parfois avec le temps, la relation amicale grandit. On peut alors se confier davantage à un petit cercle de collègues choisis… mais jamais à son supérieur. L’exercice de l’autorité et sa mise en œuvre, à travers les outils classiques qui lui sont liés (évaluation, récompense ou sanction), ne sont pas franchement compatibles avec l’amitié, laquelle implique de reposer sur un pied d’égalité avec l’autre.

Evitez les sujets sensibles

L’entreprise ne peut théoriquement pas sanctionner un salarié. Mais il arrive qu’elle trouve des prétextes pour passer outre. On se souvient de ce salarié qui malgré ses excellents résultats, fut licencié pour « insuffisance professionnelle » le jour où ses employeurs découvrirent qu’il était homosexuel. La discrétion doit donc être de mise sur certains sujets : orientation sexuelle, convictions politiques ou religieuses, argent. Cette prudence permet aussi d’éviter les jalousies. Par exemple on présentera son conjoint ou sa conjointe comme un simple « fonctionnaire hospitalier » au lieu de chirurgien, pour éviter une fin de non recevoir à une éventuelle demande d’augmentation de salaire: « votre conjoint gagne très bien sa vie… » . S’il peut être utile de lâcher au détour d’une relation influence, méfiez-vous là encore des réactions d’envie ou des inimitiés que cela pourrait susciter.

Brouillez les pistes

Les clichés ont la vie dure dans l’entreprise, qu’ils soient liés au sexe (les femmes toujours accaparées par les enfants), à l’âge (les jeunes et Facebook) ou à la fonction (les commerciaux sont des dragueurs). En prendre conscience permet de ne pas se laisser enfermer dans des jeux de rôles réducteurs. C’est l’exemple de cette jeune cadre qui, pour justifier un départ anticipé du bureau, préfère invoquer une voiture à récupérer au garage plutôt que son enfant malade. De même, si vous souhaitez tordre le cou à la réputation d’impulsif que vous traînez, annoncez que vous êtes venu à bout d’un puzzle de 1000 pièces.

Révélez vos problèmes, si vous avez besoin de soutien

Une maladie grave ou un divorce auront forcément des répercussions sur votre vie professionnelle. N’hésitez pas à en parler à votre supérieur ou à un responsable RH (chef du personnel). Vous pouvez vous exprimer en termes précis (« mon fils souffre d’un diabète sévère) ou choisir au contraire de rester vague (« des problèmes de santé dans mon entourage »). Précisez que les conséquences (absences, baisse de productivité…) seront provisoires. A l’entreprise de décider si elle souhaite modifier temporairement votre organisation. Les temps partiels peuvent revêtir plusieurs formes : horaires aménagés, congés (dé)calés sur le calendrier scolaire… Solliciter son DRH permet aussi de découvrir l’existence de certaines aides : logement, subvention du comité d’entre, mutualisation… Enfin, un problème de santé lourd peut donner lieu à un reclassement à un poste plus conforme à vos possibilités, ou même à une déclaration de handicap, assortie d’allocations.

Notis©2013

Sources : « Toutes les clés du savoir-vivre en entreprise » (Ed. Leducs) par Olivier de Clermont-Tonnerre


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