Suspension in extremis d’une exécution à mort
Publication : 30 janvier, 2013 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Droit humanitaire | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

C’est un scénario à l’américaine. L’exécution prévue au Texas mardi soir, 29 janvier 2013, de Kimberly McCarthy, une Noire de 51 ans condamnée pour un meurtre en 1997, a été repoussée au 3 avril 2013. Lundi, ses avocats avaient écrit au gouverneur républicain du Texas, Rick Perry, pour lui demander de repousser l’exécution, arguant du fait que leur cliente, une Noire jugée pour le meurtre d’une septuagénaire blanche, avait été condamnée par un jury dont 12 des 13 membres étaient Blancs : « La différence de traitement des condamnés au Texas en fonction de leur race est de mieux en mieux établie », écrivent-ils notamment dans leur courrier.

Addiction à la drogue

Kimberly McCarthy, qui est dans le couloir de la mort depuis 14 ans, devait être mise à mort par injection létale mardi à 18 heures locales. Elle avait été condamnée à mort pour le meurtre en 1997 d’une enseignante à la retraite de 71 ans, lors d’un cambriolage au domicile de la victime près de Dallas. Kimberly McCarthy s’était fait ouvrir la porte de la septuagénaire en prétextant vouloir emprunter du sucre et avait poignardé cinq fois sa victime. Elle l’aurait frappée au visage avec un chandelier et lui aurait coupé le doigt pour lui prendre son alliance en diamants. Au volant de la Mercedes de la victime, la condamnée serait allée chercher du crack, elle aurait vendu la bague pour 200 dollars et utilisé la carte de crédit au moins quatre fois après le meurtre. Lors de l’audience, les procureurs l’avaient aussi accusée d’avoir tué deux autres personnes âgées.

Sa première condamnation à la peine capitale, en novembre 1998, avait été renversée en appel, puis confirmée lors d’un deuxième procès en novembre 2002. « Aujourd’hui, une affaire comme celle-ci, sur fond d’addiction à la drogue et d’autres circonstances atténuantes, pourrait bien se conclure sans peine capitale », a encore estimé Richard Dieter. « Kimberly McCarthy a été condamnée à être exécutée quand le Texas condamnait à mort 40 personnes par an. Aujourd’hui, les peines capitales sont tombées à huit par an », a-t-il ajouté.

Un pour cent

Si Kimberly McCarthy, qui est dans le couloir de la mort depuis 14 ans, avait été mise à mort par injection létale mardi, 29 janvier 2013, à 18H00 locales (23H00 GMT), elle aurait été la première femme exécutée aux Etats-Unis depuis 2010. En effet, seulement 12 femmes ont été exécutées aux Etats-Unis depuis le rétablissement de la peine de mort en 1976, la dernière en 2010.

« Moins de 1% des exécutions aux Etats-Unis concernent des femmes, même si celles-ci comptent pour 10% des commis », a indiqué Richard Dieter, directeur du Centre d’information sur la peine capitale. « Le fait que les femmes commettent plus rarement les crimes pour lesquels on condamne à la peine de mort permet d’expliquer en partie ce phénomène. En général, elles tuent quelqu’un qu’elles connaissent et le crime n’est pas accompagné de viol, d’attaque à main armée ou d’autres agressions », a ajouté M. Dieter.

Notis©2013

Sources : AFP


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