La Politique qui divise, le Foot qui réunifie
Publication : 12 octobre, 2012 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Sport | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

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En Côte d’Ivoire, le nom de Didier Drogba résonne bien au-delà du football. Il incarne le pouvoir du sport comme vecteur de développement et d’espoir. Quand des conflits ont émergé et que la guerre civile faisait rage dans son pays alors que les Éléphants s’apprêtaient à participer à la Coupe du Monde de la FIFA 2006™, Drogba s’est révélé être un symbole fort, qui a joué un rôle crucial dans l’utilisation de la force d’intégration du football pour unir toute une nation.

Didier, comment le football peut-il être utilisé comme un outil de développement social en Côte d’Ivoire ?

Ces dernières années, on a pu voir que le football jouait un rôle important ici, non seulement au niveau politique durant la crise qui a affecté le pays tout entier, mais aussi et surtout par rapport au développement de la Côte d’Ivoire et de sa population. Beaucoup de joueurs ont été formés ici en Côte d’ivoire et sont devenus de grandes stars en Europe, comme les frères Touré et Salomon Kalou. C’est la preuve que le football joue un rôle fondamental en Côte d’Ivoire.

Vous avez joué un rôle essentiel vous-même en 2005 dans le retour à la paix en Côte d’Ivoire. Comment le football peut-il être utilisé pour réparer les fractures qui existent dans le pays ?

En 2005, nous avons vécu un moment crucial, un moment historique. Personne ne peut résister au flot des événements. C’est l’amour de notre pays et sa passion pour le football qui nous ont conduits à lancer ce message. Je pense que c’est grâce à cela que nous avons évité une tragédie. (Après s’être qualifiés pour la Coupe du Monde de la FIFA™ en 2005, les internationaux ivoiriens avaient lancé un appel national à la réconciliation)

Dans le passé, vous avez joué des matches internationaux dans des stades où il y avait des armes, par exemple des lance-roquettes, en tribune. Quelle est la situation aujourd’hui ?

Ça n’est arrivé qu’une seule fois. Nous avons été surpris, mais c’était à cause de la situation du moment. Le pays était en état de crise. Cela fait partie de notre histoire, l’histoire de la Côte d’Ivoire, mais les choses ont changé depuis. Il s’est passé beaucoup de choses. Nous essayons d’avancer, de retomber sur nos pieds, de montrer aux gens et par le football que nous pouvons vivre ensemble.

Que représentent les Éléphants pour les gens ici ?

L’équipe nationale représente beaucoup de choses pour ce pays. Je pense qu’aujourd’hui, et je pèse mes mots, la seule force unificatrice en Côte d’Ivoire est l’équipe nationale de football. Tous nos groupes ethniques sont maintenant représentés en sélection : les Baoulés, les Bétés, etc. Ils y sont tous. On retrouve donc des échantillons de tout le pays dans l’équipe de Côte d’Ivoire et je crois que c’est le seul exemple de cela aujourd’hui. Bien sûr, il y a d’autres sports en Côte d’Ivoire, mais le football est le plus populaire. Selon moi, c’est le sport qui rassemble tout le pays, ce qui n’est pas nécessairement le cas dans la vie de tous les jours.

Quel genre de pression cela fait-il peser sur vous ?

Il y a la pression de devoir marquer le penalty qui donnera la victoire à son équipe en finale de la Ligue des champions. Mais c’est une forme de pression complètement différente quand vous savez que tout le pays compte sur vous.
Je ne considère pas cela comme de la pression, mais comme un sentiment de fierté d’avoir été choisi parmi tant de joueurs. J’ai eu la chance d’être sélectionné parmi des millions de personnes pour représenter mon pays. Ce n’est pas de la pression, mais de la fierté. C’est un honneur.

Qu’avez-vous atteint jusqu’ici et ce qu’espérez-vous réussir à l’avenir par le biais de votre fondation ?

La Fondation Didier Drogba a été créée en 2005. Nous avons veillé à ce qu’elle ne grandisse pas trop vite. Nous avons fait beaucoup de donations à des orphelinats et des hôpitaux, en essayant de croître et de nous focaliser plus sur l’aide aux gens qui en ont besoin. Les domaines d’action de la fondation sont la santé, l’éducation et l’enfance. Nous avons essayé de choisir des domaines qui concernent toute l’Afrique. Il s’agit d’une fondation qui n’intervient pas seulement en Côte d’Ivoire, mais sur tout le continent africain. Nous avons également pu faire des donations à Haïti et dans d’autres pays, comme au Japon après le tremblement de terre. L’objectif de notre fondation est de collecter des dons. Nous avons organisé un certain nombre de dîners de charité à Londres. Des stars sont venues pour promouvoir notre fondation. Nous avons collecté des dons dans le but de construire des cliniques, ici en Côte d’Ivoire, car après la crise qui a frappé le pays, il y a eu un manque de fonds. C’est une façon pour moi d’apporter une petite contribution pour aider le pays à se remettre. Il y aura aussi plus de projets et d’écoles, car l’éducation est à la base de tout.

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