Le Prix Mo Ibrahim, encore sans Lauréat.
Publication : 16 octobre, 2012 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Economie | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Le prix Mo Ibrahim pour un leadership d’excellence en Afrique reste une nouvelle fois sans preneur. Comme en 2009 et 2010, les membres du jury ont estimé, lundi 15 octobre 2012, qu’aucun Président Africain ne remplissait les critères d’ « excellence » requis.

Le prix Mo Ibrahim, du nom du milliardaire anglo-soudanais qui a fait fortune dans le domaine de la télécommunication, a été institué en 2007. Il récompense des chefs d’Etat ayant exceptionnellement amélioré la sécurité, la santé, l’éducation, le développement économique et les droits politiques dans leurs pays, et transféré démocratiquement leurs pouvoirs à leurs successeurs. Il s’agit du prix individuel le plus richement doté au monde, d’un montant de cinq millions de dollars sur dix ans et de deux cent mille dollars versés chaque année à vie.

« Le principe, c’est de récompensé l’excellence. Nous ne voulons pas abaisser nos critères », ainsi s’est exprimé le Président du comité du prix Mo Ibrahim, Salim Ahmed, pour expliquer pourquoi, au titre de l’année 2012, aucun Président Africain sortant ou en exercice n’a atteint le niveau requis aux yeux de ladite fondation. Il n’y a donc en 2012, comme en 2009 et 2009, aucun successeur à Nelson Mandela (titulaire honoraire), au Cap-Verdien, Pedro Pires (2011) et au Mozambicain Joachim Chissano (2008).

Outre le prix d’excellence, la Fondation Mo Ibrahim publie annuellement, l’indice de la gouvernance africaine, qui établit un classement des performances réalisées dans 54 pays d’Afrique. Ce classement est fondé sur quatre grands piliers : la sécurité (ou la sûreté), le développement économique et les droits de l’homme.

Dans la publication qui concerne l’exercice 2012, on note, notamment que : « de 2000 à 2011, sept pays ont connu des avancées significatives sur le plan de la bonne gouvernance: Le Libéria, Angola, sierra Leone, Rwanda, Congo, République démocratique du Congo et Zambie. Un pays, Madagascar, a sensiblement chuté. Au cours des six dernières années, la Tanzanie s’est particulièrement bien illustrée, au point de se hisser dans le peloton des dix pays les mieux classés. L’Angola, le Libéria et le Togo ne font plus partis des dix mauvais élèves du classement. Ils ont été remplacés par Érythrée, Guinée Bissau et Nigéria. (…)
Cependant, alors que la gouvernance continue à s’améliorer dans beaucoup de pays, certaines grandes entités régionales : Égypte, Kenya, le Nigéria et l’Afrique du Sud ont montré des dispositions défavorables de la bonne gouvernance depuis 2006. Chacun des quatre pays a connu un déclin dans les secteurs de la sécurité, le développement humain, le développement économique et les droits de l’homme. Ce déclin est plus appuyé au Nigéria, pays de l’Afrique occidentale qui, pour la première fois se trouve en queue de peloton. »

Commentant ce nouvel indice de la gouvernance en Afrique, Mo Ibrahim a dit : « en Afrique, l’économie croît sans ralentissement depuis dix ans mais on constate un certain déclin dans le développement humain (…). Le problème est de trouver le juste équilibre. Par exemple en Tunisie, il y a un très haut niveau d’éducation, mais peu d’emplois, peu de démocratie et beaucoup de corruption »

Notis©2012

Sources:
Mo Ibrahim Fondation
Gardian
Rfi


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