La Crise touche la Chine
Publication : 18 octobre, 2012 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Economie | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Après l’annonce par la Banque asiatique de développement (BAD) de la baisse de la croissance pour la région, c’est au tour du le gouvernement central chinois de publier la plus faible croissance du pays en trois ans et demi, avec un produit intérieur brut en progression de 7,4%. Le temps de la croissance à deux chiffres a donc, semble-t-il, connu son règne.

Pendant ces dix dernières années, la Chine nous a habitués à une croissance annuelle supérieure à 10%. Mais derrière ce beau tableau chiffré, se cache une réalité faite de pénibilité et d’injustice sociale passée sous silence. L’économie chinoise a été tirée vers le haut, jusqu’à présent, par les investissements engagés par le gouvernement et la compétitivité des entreprises établies sur le territoire chinois.

Effets de mode ou boule de neige ?

A la veille du Congrès politique qui verra la nomination de la nouvelle équipe dirigeante du pays, le Premier Ministre Wen Jiabao a confirmé que la croissance de la Chine a ralenti au terme du troisième trimestre 2012, pour le septième trimestre consécutif, passant sous la barre escomptée depuis le début de la crise financière en 2009. Selon les chiffres diffusés ce matin par le Bureau Nationale des Statistiques (BNS) la croissance est tombée à 7.4%. Sur les trois premiers trimestres de 2012, la hausse du PIB a été de 7.7%, par rapport à la même période de l’année dernière. Il s’agit donc du taux de croissance le plus bas depuis le premier trimestre 2009.

Les causes de ce ralentissement résident, au premier abord, dans les difficultés que connaissent les principaux marchés des exportateurs chinois, à savoir l’Europe et les États-Unis, où, faut-il le rappeler, les chinois sont les premiers investisseurs. A cette cause factuelle, il faut ajouter la volonté des autorités chinoises de clarifier, moderniser et rendre plus transparent leurs baromètres économiques et financiers.

Mesures de sauvegarde

Dans sa publication du début de ce mois, la BAD avait exhorté les pays d’Asie à «diversifier leurs sources de revenus et mettre l’accent sur les services créateurs d’emplois». Ces derniers, a-t-elle précisé, sont le véritable moteur de la croissance à venir de la région. À condition, ajouta-t-elle, qu’ils s’affranchissent des restrictions et des barrières trop fréquentes qui nuisent dans de nombreux pays à leur compétitivité.

Le gouvernement central Chinois n’a pas attendu la mise en garde de la banque régionale pour prendre des mesures de sauvegarde et de rebondissement. En effet, le gouvernement a pris, dès la fin du mois de décembre 2011, des mesures d’assouplissement monétaire, baissant à plusieurs reprises les réserves légales des banques pour leur permettre de prêter davantage, et réduisant les taux d’intérêt des banques au moment opportun.
Du fait de ces mesures, selon d’autres indicateurs publiés par les autorités chinoises :
*la production industrielle a progressé en septembre sur un an de 9.2%, contre 8.9% au mois d’août ;
*les ventes de détail, baromètre de la consommation des ménages, ont augmenté en septembre de 14.2%, contre 13.2% en août.
Mais, est-ce suffisant?

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