Un millionnaire a trouvé le bonheur en se débarrassant de sa fortune
Publication : 28 septembre, 2012 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Economie, Finance-Comptabilité, Santé | Commentaire(s) (Un commentaire)

Malgré une enfance difficile dans la banlieue industrielle de Linz, en Autriche, le jeune Karl Rabeder s’était fixé un objectif: faire fortune le plus rapidement possible. Il raconte dans le magazine Allemand Spiegel : «Je suis issu d’un milieu très modeste. Je n’ai jamais connu mon père. Disons qu’entre l’alcool et sa famille, il a choisi. Je vivais avec ma mère, chez mes grands-parents. Ma grand-mère était une gestionnaire hors pair, convaincue que la valeur d’une personne se juge à ses économies. Enfant, je revendais les légumes du petit jardin maraîcher familial et je me débrouillais très bien. Adolescent, j’ai travaillé pour financer mes études de mathématiques, physiques et chimie. Très vite, j’ai volé de mes propres ailes. J’ai commencé par vendre les fleurs du jardin. Avant la fin de mes études, mon affaire de décoration d’intérieur et objets pour la maison était si florissante que je ne voyais plus l’intérêt de viser autre chose… ».

carl rabeder

Très vite, Karl Rabeder devient un homme d’affaire riche et prospère qui se marie en grande pompe en 1980 et habite une luxueuse villa dans les montagnes autrichiennes. Un immense garage abrite sa limousine les cinq avions à sa disposition.

Mais au fil des années, Karl Rabeder se sent de plus en plus étranger à l’univers des grandes entreprises et de la société de consommation.

A l’âge de 48 ans tout bascule. C’est un voyage en Amérique du Sud qui lui a ouvert les yeux : «J’ai réalisé que la plupart des gens pauvres qui vivent là bas sont beaucoup plus heureux que l’Européen moyen», explique-t-il. «On nous dit d’acheter pour notre bien-être. Mais cela ne nous rend pas heureux, alors nous achetons encore plus. Et comme nous ne sommes toujours pas heureux, nous devenons de plus en plus manipulables. Nous avançons comme des moutons, un chien à gauche, un chien à droite — l’un brandit la menace de la crise financière et du chômage, tandis que l’autre aboie qu’il nous faut des assurances hors de prix au cas où. Nous passons notre temps à préparer l’avenir sans vivre le présent. Je sais de quoi je parle, affirme Karl Rabeder. J’ai vécu ainsi pendant vingt-cinq ans, toujours plus riche et toujours plus malheureux».

En janvier 2010, l’homme d’affaires, qui a fait fortune dans les accessoires de décoration, prend une décision radicale : il choisit de se séparer de toutes ses possessions et de se retirer dans un chalet d’alpage.

Pour lui, passer du luxe au dépouillement est un processus bien plus enrichissant que l’inverse. «L’argent ne fait pas le bonheur, affirme-t-il. Pendant vingt-cinq ans, j’ai travaillé d’arrache-pied pour des choses dont je n’avais ni besoin ni envie. Aujourd’hui, j’aspire au dépouillement.»

Sa vie lui semble désormais idyllique : «Le matin je me réveille quand mon corps se réveille. Puis je me demande ce que j’ai envie de faire. Parfois j’écris pendant dix heures d’affilée, parfois je pars simplement marcher en montagne.»

Maintenant qu’il est pauvre, les relations avec les gens sont plus faciles: «Avant les gens que je rencontrais me prenais pour une tirelire. Désormais, quand quelqu’un s’intéresse à moi, ce n’est plus à cause de l’argent, le contact est beaucoup plus facile».

De sa maison et de sa vie passée, il n’a rien emporté. La seule chose qu’il regrette, «c’est le temps. Pendant vingt ans j’ai senti que je menais une vie qui ne me convenait pas». Il ne veut rien changer à son nouveau bonheur : «Les possessions matérielles ne représentent rien. Je suis plus heureux aujourd’hui, parce que je vis enfin comme j’aurais toujours dû vivre.»

Après avoir fondé l’organisation à but non lucratif MyMicroCredit qui vise à réduire la pauvreté en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Karl Rabeder a fait don de la totalité de sa fortune de plus de 4 millions de dollars (propriétés, voiture, sociétés etc.) à des œuvres de charité qu’il a créées en Amérique Latine.

Notis©2012
Sources :
*Spiegel
* The Daily Telegraph
* MyMicroCredit.org
Credit photo Karl Rabeder


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